Il faut garder nos chauffeurs en bonne santé!

Rédigé par Alexandre Lampron
Conseiller aux communications et relations publiques – AttriX

En cette période de crise où les camionneurs deviennent quotidiennement nos héros, il est important de les garder en bonne santé physique (et mentale) afin qu’ils continuent de jouer ce rôle si essentiel dans la chaîne d’approvisionnement. Il devient alors pertinent de souligner les conclusions d’une étude très intéressante publiée il y a environ un an par la Polytechnique Montréal et l’Université de Montréal dans le but de les aider à garder la forme physique.

Cette étude a été réalisée en partenariat avec une multinationale de l’industrie gazière désireuse de connaître les facteurs de risque et de protection associés à des indicateurs de santé et de sécurité au travail chez ses camionneurs, et d’améliorer l’efficacité de ses activités de prévention en matière de santé et de sécurité.

Pas moins de 63 participants étaient des livreurs sur de longues distances et 60 sur de courtes distances, âgés de 27 à 71 ans et originaires de six provinces canadiennes. Ils ont ainsi répondu à un questionnaire au sujet des douleurs musculosquelettiques (TMS) qu’ils associent à leur travail et ressenties au cours des 12 mois précédents ainsi que dans la dernière semaine de travail.

En tout, 123 camionneurs de l’entreprise ont consenti à prendre part à cette importante étude inédite à ce jour: les livreurs de bonbonnes et de bouteilles de gaz qui parcourent de courtes distances selon un horaire normal et des chauffeurs de camions-citernes qui roulent sur de longues distances pour livrer des produits de gaz en vrac selon un horaire variable.

Trois fois plus élevé chez les camionneurs

Selon l’étude de la Polytechnique Montréal et de l’Université de Montréal, la proportion de camionneurs souffrant de troubles musculosquelettiques est trois fois plus élevée que dans la population active masculine. Mal au bas du dos, aux jambes, aux épaules, dans le cou: deux camionneurs sur cinq (43 %) ont dit dans le cadre de l’étude avoir souffert d’au moins l’un de ces troubles musculosquelettiques (TMS) au cours d’une année de travail.

La fréquence est pourtant de 16 % parmi l’ensemble des travailleurs masculins québécois, soit trois fois moins élevée que les camionneurs, selon le rapport de l’Enquête québécoise sur les conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail (EQCOTESST) sur la main-d’œuvre québécoise.

« Chez les camionneurs de vrac, le facteur de risque le plus significatif lié aux TMS est le déséquilibre perçu entre les efforts qu’ils fournissent au travail et la reconnaissance ou les récompenses qu’ils obtiennent. Ils ont de longues journées et peu de temps pour voir leur famille; cette situation constitue un facteur de risque de type psychosocial qui apparaît comme le plus important dans ce groupe de travailleurs », explique Firdaous Sekkay, doctorante en génie industriel à Polytechnique Montréal, qui a effectué l’étude.

Chez les camionneurs sur de courtes distances, le facteur de risque principal découle de l’effort physique qu’ils déploient au cours des livraisons. « Chaque jour, ils manipulent environ 70 cylindres, parfois très lourds, ce qui implique souvent de travailler avec les mains au-dessus des épaules, en plus de subir des vibrations en conduisant, qui peuvent se répercuter sur le système musculosquelettique, soit le dos et les membres supérieurs, et accentuer la fatigue musculaire due à l’effort physique», ajoute Mme Sekkay.

Pas de solution miracle

« Nous avons proposé différentes recommandations, comme revoir la conception de certains équipements dans les camions et l’aménagement de l’environnement physique de travail chez les clients, repenser l’organisation temporelle du travail pour favoriser la conciliation travail-famille chez les camionneurs de vrac par exemple, conclut Firdaous Sekkay. Il faut certes surveiller l’exposition aux facteurs de risque psychosociaux et à ceux liés à une ergonomie déficiente, mais il n’y a pas de solution miracle: les camionneurs doivent aussi faire leurs devoirs en matière de prévention, comme en ne négligeant pas de prendre des pauses nécessaires à la récupération musculosquelettique simplement pour terminer une livraison plus rapidement. »

RH Camionnage Canada révélait récemment qu’en 2019, le secteur du camionnage et de la logistique employait 3,6% de la main-d’œuvre du Canada, soit un peu plus de 650 000 travailleurs. Les chauffeurs de camions représentent 300 000 employés au pays, soit 46% de la totalité de la main-d’œuvre du secteur du camionnage et de la logistique.

À propos d’AttriX

AttriX est une compagnie québécoise qui contribue chaque jour à l’amélioration des habitudes de conduite des chauffeurs à travers l’Amérique du Nord. Grâce à sa populaire solution Challenge Chauffeur et ses solutions de gestion de flotte intégrées conformes à la réglementation canadienne, AttriX se positionne en tête de lice pour satisfaire les besoins complexes des transporteurs canadiens.